Maladie du salarié et licenciement pour faute grave

L’employeur peut-il licencier un salarié malade qui vient travailler alors qu’il n’est pas en état de le faire et met en danger ses collègues ?

Oui, rĂ©pond la Cour de cassation si le salariĂ© n'est pas licenciĂ© en raison de son Ă©tat de santĂ© mais pour avoir continuĂ© Ă  travailler sachant qu'il n'Ă©tait pas en Ă©tat de le faire. Il faut bien entendu apporter tous les Ă©lĂ©ments dĂ©montrant que le salariĂ© n’était pas en Ă©tat de travailler compte tenu de son Ă©tat de santĂ©.  Dans ce cas, le licenciement  peut ĂŞtre jugĂ© fondĂ© sur une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse.

Illustration. Un salarié qui est venu travailler alors qu’il était malade est licencié pour faute grave, non pas en raison de son état de santé, mais pour avoir continué à travailler sachant qu'il n'était pas en état de le faire, il a eu un malaise sur son lieu travail, et en faisant courir des risques à ses collègues.

Les faits ayant justifiĂ© le licenciement. Le salariĂ©, dont les fonctions Ă©taient celles de fonctions de cariste,  avait pris son poste de travail Ă  3 heures du matin comme habituellement et avait renversĂ© 2 palettes en moins d'une heure. Son supĂ©rieur hiĂ©rarchique avait a notĂ© que e le salariĂ© Ă©tait dans un Ă©tat de lĂ©thargie et tenait des propos incohĂ©rents. Il en avait conclu que ce salariĂ© n’était pas en mesure de tenir son poste de travail.

Lors de l’entretien prĂ©alable au licenciement, le salariĂ© a expliquĂ© qu’il prenait un traitement mĂ©dical depuis un moment qui le mettait dans un Ă©tat de somnolence et qui Ă©tait la cause de son malaise. Il avait Ă©galement expliquĂ© que pour des raisons financières, il n’avait pas voulu se mettre en arrĂŞt de maladie « pour ne pas perdre les 3 jours de carence Â».

Suite Ă  son entretien prĂ©alable et aux explications du salariĂ©, l’employeur a dĂ©cidĂ© de le licencier pour faute grave  car il n’avait pas respectĂ© une obligation consignĂ©e dans le règlement intĂ©rieur de l’entreprise qui impose Ă  un salariĂ©, notamment aux caristes conduisant des chariots Ă©lĂ©vateurs, de prendre soin de sa sĂ©curitĂ© et de sa santĂ©, mais aussi de celle des autres personnes qui pourraient ĂŞtre concernĂ©es du fait de ses actes ou manquements.  Le fait d’avoir renversĂ© des palettes aurait pu blesser quelqu'un et cette mise en danger d’autrui causĂ©e par l’état de santĂ© du salariĂ© dont il avait conscience Ă©tait impardonnable pour l’employeur.  

Décision des juges en appel. Les juges ont considéré qu’à la lecture de la lettre de licenciement, il ressort clairement de sa lecture que le salarié n'a pas été licencié en raison de son état de santé, mais pour avoir continué à travailler sachant qu'il n'était pas en état de le faire et faisant courir des risques à ses collègues. Les faits étant avérés, la faute commise par le salarié constitue bien un motif réel et sérieux de licenciement.

Cette dĂ©cision est approuvĂ©e par la cour de cassation. 

Source : Cass. soc. 12 octobre 2017, n° 16-18836

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